Le gouvernement canadien adopte un plan d’envergure pour le développement de véhicules électriques

Le ministre canadien de l'Innovation, des Sciences et du Développement Economique annonce un plan de déploiement de dispositifs visant à favoriser le développement des transports électriques dans son pays.

0
877
véhicules-electriques-canada

Nadveep Bains, ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et du Développement Économique, a annoncé en Avril 2019 lors d’une conférence au Plug & Drive Center de Toronto (premier centre de découverte des véhicules électriques au monde) un nouveau plan d’investissement national du gouvernement canadien afin de développer le marché des véhicules zéro-émission.

Quelles aides le gouvernement fédéral compte-t’il apporter aux citoyens canadiens pour les inciter à acquérir un véhicule électrique ? Neexti vous propose un retour sur les grandes initiatives politiques du gouvernement canadien, visant à économiser l’argent des consommateurs tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Les e-vehicles au Canada : un état des lieux

Une étude de l’organisation Clean Energy Canada en partenariat avec Abacus Data indique que 64% des consommateurs du pays sont favorables à un parc automobile à majorité composé de véhicules électriques. Le reste de l’étude montre une population globalement encline à l’achat de véhicules électriques et au développement des infrastructures dédiées, opposés aux 28% de la population étudiée qui considère peu probable (voir improbable) qu’une majorité du parc automobile mondial devienne électrique.

Voilà un grand avantage pour la mise-en-place de ce plan assez progressiste : le gouvernement lance son programme avec une opinion populaire préalablement favorable. Pour rappel, 25% des émissions canadiennes de gaz à effet de serre proviennent des transports, un secteur critique que la culture nord-américaine de la voiture peut rendre difficile à endiguer, surtout quand on considère qu’environ 12% des émissions GES du pays proviennent des véhicules personnels.

Pour autant, et comme le montre l’étude de Clean Energy Canada, l’évolution des mentalités est bien présente. En Juin 2019, 2,5% des ventes de véhicules étaient électriques au Canada, un pourcentage qui paraît bas mais qui témoigne d’une évolution encourageante : de 7’471 véhicules vendus en 2015 à 18’614 en 2017.

plug-in-electrique

En l’absence d’action future (ce qui n’est bien entendu pas le cas), l’état fédéral projetait des ventes annuelles de voitures électriques de 4 à 6% du marché en 2025, et de 5 à 10% en 2030. Ce n’est pas assez pour le gouvernement Canadien, qui, grâce à sa nouvelle initiative en faveur des véhicules électriques souhaite atteindre les objectifs de 10% des ventes en 2025, pour parvenir à 30% en 2030 et 100% du marché en 2040. Concrètement, cela représenterait 825’000 véhicules 0 émission en service dès 2025, et 14 millions de VE sur les routes canadiennes en 2040.

Des aides pour les consommateurs et les industries

Le ministre canadien Nadveeb Bains annonce que le plan d’aide gouvernementale sera disponible à tout achat ou leasing de véhicule neuf ou d’occasion, fait après le 1er Mai 2019, pour une voiture répondant aux standards de sécurité nationaux, utilisée sur les routes publiques, et achetée dans un concessionnaire du territoire canadien. Sont éligibles les voitures électriques à batterie, les véhicules à piles à hydrogènes, et les plug-in hybrides.

Pour une voiture de 6 places ou moins, dont le prix d’achat hors-option est inférieur à 45’000$CA, une aide nationale de 5’000$CA est possible. Avec option, le prix pour rester dans l’éligibilité peut monter jusqu’à 55’000$CA.

Pour une voiture de 7 places ou plus, à l’instar de la Christler Pacifica, et dont le prix d’achat hors-option est inférieur à 55’000$CA (jusqu’à 60’000$CA avec options), une aide de 5’000$CA sera également disponible. Pour ce qui est des plug-in hybrides à faible autonomie, l’aide est limitée à 2’500$CA.

SUB_FEDERALE

Ces limitations de prix sont là pour éviter de fournir des aides à des acquéreurs dont la fortune est supposée suffisante pour envisager l’achat de véhicules haut-de-gamme. Cela exclu par exemple les Tesla Model 3 qui constituent l’un des modèles les plus accessibles de la marque, fait étonnant vu les investissements faits par le constructeur pour développer les infrastructures canadiennes pour VE.

                            

Toutes ces aides nationales sont cumulables avec des aides provinciales similaires. Les consommateurs pourraient donc bénéficier jusqu’à 10’000$CA d’aide cumulée. Des différences d’éligibilité et d’application surviennent suivant les provinces : fédéralisme oblige, la répartition des aides est inégale suivant le bon vouloir des différentes institutions provinciales. À noter également que tout les prix ne sont pas ceux d’achat mais ceux indiqués par les manufactures via le MSRP (Manufacturer’s Suggested Retail Price).

 

Pour le secteur professionnel, d’autres aides sont annoncées :

Une compensations des taxes pour l’achat de véhicules 0-émission est prévue pour les entreprises, et un travail conjoint entre le secteur publique et les manufacturiers est annoncé pour assurer une production rencontrant la demande espérée croissante des EVs. En tout, c’est 320 millions de dollars CA investis rien que pour les stations et infrastructures (avec en premier exemple les bornes de recharge publiques).

Enfin, le gouvernement Canadien a investi 6 milliards de $CA dans le secteur automobile avec l’espoir qu’une partie significative sera utilisée pour la recherche et développement, afin de pérenniser cette transformation vers l’électrique.

Malgré une annonce teintée de décision mêlant le business à la politique (comme l’éviction des Tesla de ce plan d’aide à la consommation), et un discours parfois décrié par le public comme démagogique et teinté de « green washing », il semblerait que le Canada souhaite se donner les moyens de ses ambitions en matière d’électrique.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire
Veuillez insérer votre nom