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70’000, c’est le nombre de trottinettes électriques qui devraient être en libre-service cet été à Paris. Les enjeux de sécurité de ces nouvelles mobilités, bien connus du grand public après la multiplication des incidents, sont pris en considération par la Conseil de Paris qui a mis en place en avril 2019 une action municipale. Cet ensemble de mesures, localisées à la capitale en attendant la futur loi d’orientation sur les mobilités, vise à endiguer et réguler le trafic sans pour autant l’interrompre ou le combattre.

Un rappel à l’ordre nécessaire, misant sur la responsabilisation

La situation des trottinettes en libre-service peut paraître chaotique, les accidents sont fortement médiatisés, avec en dernière date une jeune mère et son enfant de 7 semaines, percutés par un usager à contresens dans le XVIIème arrondissement. Plus de peur que de mal pour cet accident qui n’a provoqué que des lésions superficielles, on y voit surtout la confirmation qu’il est plus que temps de mettre en place une politique de responsabilisation des fournisseurs et usagers.

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Initialement prévu à l’automne 2018, finalement reportée, la loi d’orientation sur les mobilités n’a toujours pas été votée, forçant la Mairie de Paris à prévoir un plan en quatre mesures régulant temporairement le trafic des trottinettes.

Ainsi, les abus seront verbalisés par la police municipale : 135€ pour la circulation sur les trottoirs, 35€ et mise en fourrière pour les stationnements sur la voie piétonne. Les stationnements conseillés seront désormais marqués au sol, un dispositif testé par la ville à la faible hauteur de 2500 places pour 2019, qui pourrait devenir obligatoire dans le futur. Ces régulations qui concernent surtout les usagers sont accompagnées des réglementations et conseils habituels : port du casque recommandé, pas plus d’un usager par véhicule, respect du code de la route.

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Quant aux entreprises prestataires du service, elles ont été invitées à signer avec la ville une charte de bonne pratique, applicable suivant la bonne volonté des prestataires. Un outil de communication que certaines marques n’ont pas hésité à brandir comme la preuve de leur bonne foi, qui s’accompagne nécessairement d’une redevance obligatoire de 50 à 65€ pour chaque véhicule mis en service.

La mairie du IXème demande l’interdiction temporaire

L’accord avec les 13 entreprises prestataires ne suffit pas à Delphine Bürkli. Interrogée par Le Figaro, la maire du IXème arrondissement, préconise un arrêt total des activités de libre-service de trottinettes à Paris, et ce jusqu’à la fin des négociations entre opérateurs et institution publiques. Cette demande, conséquence de l’état « anarchique » des services (pour reprendre les mots de Delphine Bürkli), n’est pas étrangère à l’annonce de la Ville de Paris, qui menace d’interdire temporairement le service si l’autorégulation n’offrait pas de résultat satisfaisant.

Les défis pour la ville et les opérateurs sont conséquents : la charte implique un partage à titre gracieux des données d’utilisation, et une ligne d’évolution vers un meilleur recyclage des véhicules et batteries. La politique annoncée vise principalement à une responsabilisation, sans préciser dans quelles circonstances une interdiction pourrait s’appliquer. Pour l’heure, c’est l’utilisateur qui est le plus exposé à la justice, avec l’arrivée des amendes mentionnées plus haut.

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